On se demande bien dans quoi on s’engage quand on commence notre lecture en faisant l’amalgame entre le BB Project (dont on apprendra la signification par la suite) et le Baby Project de Franck Leclerc, ce héros "cocorico" - mais qui cherche quand même au Japon ses origines !
Puis on craint le pire sur l’intérêt de l’histoire en assistant à différentes bastons qui laissent présager que de scènes musclées, on va en souper.
Puis, enfin mis au parfum sur le fond de l’histoire, on ravalera nos a-priori et on acceptera mieux de jouer le jeu, de croire à cette histoire de défis lancés pour une noble cause : une bataille contre le racisme.
Ne cherchons pas là de la littérature avec un grand L :
BB Project s’affiche clairement comme un "franga" ado pour lecteurs friands de bagarres, de super-pouvoirs... et un peu aussi de belles petites pépées !
La progression du récit est intéressante. On ne se perd pas trop à tourner autour du pot aux roses, et en 4 chapitres, on a déjà beaucoup d’éléments pour juger. Côté dessin, c’est une très bonne surprise.
Shonen paraît bien à l’aise avec ses personnages, ses décors, les scènes de mouvements, etc... Pour ma part, j’aime moins les scènes de combats (souvent appuyées par des tas d’astuces graphiques qui rendent à mes yeux le dessin moins lisible) que les scènes plus calmes où l’on peut apprécier la finesse possible du trait du dessinateur.
BB Project T1 ne laisse pas le temps de souffler. C’est très dynamique et cette énergie transparaît dans chacune des planches où les auteurs nous servent la totale "
manga-style" : annotations, noms, onomatopées, cadrages acrobatiques, lycéennes en mini-jupes plissées haut-la-cuisse...
Bref, on voit que les auteurs s’éclatent et leur plaisir se ressent dans le fruit de leur travail : une BD prometteuse dans son genre.