Patrick Feillens nous soumet avec Entre deux mondes une vision toute personnelle de l’Egypte. Pays à la mythologie très riche, ce territoire hostile devient le temps de cette BD le théâtre d’affrontements entre dieux et mortels et permet à l’auteur de nous raconter son récit original ; un récit trouvant ses bases sur une légende "oubliée".
Original, donc, mais pour le moins complexe. Et c’est en partie ce qui pêche avec ce tome 1 (qui attend sa suite et la conclusion dans le prochain). Car bien que structurée en chapitres clairement différenciés, on a du mal à s’accrocher, à rentrer dans l’histoire. Au point qu’en arrivant au second chapitre, on se surprend à se demander si on ne vient pas de finir une première histoire courte. Dommage.
Le dessin n’étant pas lui-même d’une finesse extrême, on est un peu déçu par cette "traduction graphique" de l’Egypte. Patrick Feillens a en effet un trait de la qualité proche du croquis (ça, ce n'est pas grave) mais ses couleurs ne le mettent pas forcément bien en valeur même si elles sont choisies judicieusement pour appuyer les ambiances.
Beaucoup de scènes se passent dans des décors naturels, ce qui engendre une petite déception de plus en cela que l’auteur ne se donne pas beaucoup l’occasion de nous régaler les yeux avec de l’architecture égyptienne ou des fresques pour ne citer que ces deux exemples d’éléments qu’on est en droit d’attendre en prenant une BD sur l’Egypte...
Pour certaines cases, l’auteur aura pourtant utilisé de la documentation, comme (au moins, par exemple) pour cette seconde case de la planche 26 où il a tout bonnement repris un dessin de Pierre Probst que vous pouvez voir dans le livre Au temps des anciens égyptiens (Hachette, collection La vie privée des hommes). Malheureusement, la comparaison des deux ne donne pas à mes yeux celui de la BD comme gagnant...
Patrick Feillens signe pourtant avec ce tome 1 une BD ambitieuse. On verra si le second album est plus convainquant.
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