Pour son premier album, Suk Jung-hyun nous emmène dans un futur proche qui reste assez similaire à notre société, si l’on excepte quelques robots ou technologies avant-gardistes. Certes, on sait par l’introduction que le Monde a connu une quasi Apocalypse mais ce bouleversement est décrit en à peine trois pages et sert surtout à installer le contexte de l’histoire.
Nous voici donc plongés dans une société où la police a fait place aux milices et où la télévision a manqué de disparaître faute de guerres et de tristes nouvelles. L’auteur dénonce les manipulations dont sont capables les médias mais aussi la privatisation de la sécurité.
Le thème est intéressant et la façon dont l’aborde Jung-hyun ne manque pas d’accrocher le lecteur. Il imagine que certaines personnes sont plus sensibles que d’autres à divers signaux lumineux et que l’on peut, à partir de là, les manipuler. Messages subliminaux et contrôle des émotions sont au cœur de ce
manhwa.
Mais si l’intrigue est bien trouvée, j’ai regretté qu’elle ne soit pas plus approfondie par l’auteur. Le livre reste finalement très ancré dans l’action, le temps d’un seul événement, le fameux attentat organisé par Seki. Il ne manquait pas grand-chose pour en faire un véritable thriller. C’est un peu frustrant.
Graphiquement, l’ouvrage est réussi. Les dessins et la mise en couleur sont dans le ton, donnant ce caractère futuriste bien trempé à l’album. Le style est très réaliste, loin de ce que l’on a l’habitude de lire en matière de BD coréenne.
Si ce oneshot a quelques lacunes, l’imagination et le talent de l’auteur me font dire qu’il faudra surveiller de très près ses prochaines productions. Son prochain projet serait une adaptation du film de monstre « The Host » que vous avez peut être vu au cinéma fin 2006.