Ce volume continue à nous plonger dans le japon féodal et son instabilité politique à travers les pérégrinations de son jeune héros.
Ce troisième tome semble plus en introspection que les précédents. Après avoir poser le décor social et les parcours de vie de ses personnages, l’auteur s’attarde plus sur les questionnements, les tiraillements intérieurs des différents protagonistes (Tetsu qui ne comprend pas son maître, Tatsu qui se débat dans son rôle de grand frère …). L’ensemble renvoie un certaine noirceur, une sorte de tristesse : les parcours sont chaotiques, douloureux, presque sacrificiels. On découvre Saya apprentie dans une maison de geishas, Ayu qui vend son corps pour des renseignements, Tetsu traumatisé par le décès de ses parents au point de se cloîtrer dans un placard…
L’auteur alterne cependant ces éléments avec des scènes plus légères et comiques, ce qui allège le ton général.
Comme on pouvait s’y attendre à la fin du volume précédent, le jeune homme vêtu de noir est le parfait pendant de Tetsu: un alter ego au service de celui que le shisengumi poursuit mais pour lequel le jeune héros va se prendre d’amitié. Cette amitié sera d’autant plus mise à l’épreuve que le maître de Suzu est probablement celui qui a tué les parents de Tetsu.
Cela donne une impression de déjà vu ou de prévisible mais cela reste cohérent dans le déroulement du récit.
Côté graphisme, la qualité de l’impression ou du papier donne une apparence plus sombre que ce que semble être le dessin. On note aussi des problèmes dans le découpage des cases : elles sont parfois coupées à la serpe et il y a des chevauchements d’une page à l’autre.
Les cases sont en outre assez denses, ce qui ne facilite pas toujours la lecture. L’auteur alterne cependant l’utilisation de trames et le hâchurage pour donner du volume et de la profondeur à son trait. Il alterne aussi des personnages élancés, fins avec des traits plus simplifiés voire caricaturaux pour suivre le rythme du récit.
En dépit de petits défauts qui relèvent plus de la qualité d’impression que du style de l’auteur, le tout reste élégant, assez esthétique sur un fonds narratif sombre.
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