France info fête ses 20 ans et pour ce si bel âge, la station de radio s’offre un livre anniversaire sur mesure, réalisé par une multitude d’auteurs de renom, eux mêmes traitant un fait de société marquant s’étant produit durant ces 20 dernières années.
L’idée est intéressante et dans cette période folle de course à l’info où tout et n’importe quoi se dit, on est heureux de pouvoir se poser et lire, tranquillement, une partie de notre Histoire, sans polémique et sans conflit. Là, il s’agit de rester bien calé au fond d’un fauteuil (le livre est gros et lourd) et de se laisser envahir par les différentes émotions si bien partagées par les auteurs.
Au cœur de ce team, les auteurs accueillent quelques petits nouveaux au talent déjà reconnu tels que Simon Hureau découvert par Ego comme X avec la publication de son « Palace » - extraordinaire pavé sur son voyage au Cambodge – ou encore des jeunes auteurs tout récemment propulsés par Futuropolis dans le sillage d’un scénariste ayant déjà publié.
Les récits sont courts, clairs et très significatifs d’un monde en difficulté. L’un d’entre eux, réalisé par le photographe décédé depuis Didier Lefèvre est pour ainsi dire insoutenable. E. Guibert, l’introduit avec un dessin le mettant en scène et conclut avec un dessin vidé de sa présence. Les photos de Didier sont terribles voire insoutenables et la présence de cet homme dans ce livre n’a rien d’anecdotique. C’est avec un grand malaise, et une vraie douleur que je termine ce « Ljubeniq ». Ceci dit, tous les récits ont une puissance assez étonnante alors pour balayer rapidement de façon totalement sélective et forcément injuste, je dirais que certaines cases sont plus glaciales encore que d’autres comme celle de la page 146 (Martinez), la 4ème case de la page 156 (Rabaté), que des auteurs comme Stassen et Masson vont à l’essentiel, que Blutch laisse encore une fois libre cours à une interprétation de haut vol à couper le souffle, mais finalement tous ont royalement servi la cause de l’information et ajoutent au médium avec beaucoup de naturel et de spontanéité.
Ce qu’il ressort de cet exercice collectif est que la bande dessinée n’a jamais été aussi bien reconnue qu’en cette période alors, trêve de réflexion lisons, regardons et remplissons nous de cet art qui nous est si joliment offert.
Un mot ? : Essentiel.
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