Toujours très frais et très poétique, le deuxième tome de cette série coréenne amorce un tournant. Il va falloir passer du stade de l’enfance à celui de l’adolescence et comme pour les enfants occidentaux en pleine puberté, la jeune héroïne va apprendre son corps, celui des hommes, va tenter d’en apprendre plus sur la relation sexuelle, le plaisir et va découvrir l’émotion amoureuse.
Le tableau est de plus en plus dur et malgré un dialogue apparemment naïf bien campé dans un décor digne des plus grands botanistes, la dureté de la vie avec ses us et coutumes rattrape les personnages. Mais l’auteur donne une alternative à ses héroïnes : celle de garder les moyens de décider. Malheureusement, les rituels seraient rompus et pour que cette possibilité leur soit laissée, il choisit de sacrifier la présence paternelle. Ainsi, elles vont gagner le droit de choisir mais en échange, elles subissent le rejet, le mépris et la difficulté de devoir affronter une vie physique et matérielle au dessus de leurs moyens.
Kim Dong-Hwa dote ses femmes de courbes, de formes sensuelles, de sourires et de propos remplis de douceur et de charme et tout doucement, les emmène vers une vie de plus en plus rigoureuse. Derrière ses dessins, on peut tout à fait comprendre l’hommage qu’il est en train de construire à l’égard des femmes et le combat qu’il mène en faveur de leur émancipation.
En cela il décrit un comportement courageux, tenace, restant toujours très attaché aux rituels de beauté que les coréennes savent se transmettre.La part de féminité est mise en avant sans être ridiculisée ce qui assez est rare en bande dessinée.
Le prochain tome sera le dernier de cette série qui s’annonce d’ores et déjà assez marquante dans le paysage bédéphile. Superbe, à lire et à faire lire… !
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