Prince of tennis est un
manga sur le sport dans la lignée de l’excellent Slam Dunk (histoire d’une équipe de basket) de Takehiko Inoue . Le scénario respecte les codes du genre : un jeune prodige, un co-équipier plus fort source de motivation, des adversaires puissants aux techniques singulières, des égos surdimensionnés, aspiration à la perfection et dépassement de soi.
Mais la copie fait pâle figure face à l’original. Le tennis est avant tout un sport individuel, où certes la technique a une place importante mais où prédomine le mental. S’il est question de dépassement de soi, de lutte contre l’adversité, ingrédients louables, la sauce a du mal à prendre. Le grotesque n’est pas loin : blessure à l’œil qui pousse le héros à continuer le match pour prouver qu’il en a. Bref on attend d’autres obstacles physiques comme les foulures, tendinites et peut être l’hiver la gastro-entérite et l’été une bonne déshydratation, histoire de muscler le scénario.
Il faudrait espérer ne pas atteindre le ridicule de Capitaine Tsubasa (Olive et Tom) où le héros avec des blessures à l’épaule et à la cheville colle une grosse patate dans la lucarne du milieu du terrain.
Un autre aspect déplorable concerne les représentations que pourra avoir le jeune public lecteur : deux personnages adultes (le père et le personnage secondaire Sasabe) fument. Ils sont beaux, forts, prétentieux, séducteurs, bref des personnages pouvant servir de modèle. Joueur de tennis, c’est avoir une certaine hygiène de vie. Où alors à quand un match exhibition avec le héros et Yannick Noah fumant un pétard sur le terrain et dansant Saga Africa avec l’arbitre (une idée de bonus ?).
Les personnages principaux de ce manga sont néanmoins attachants dans ce monde manichéen où rapidement se dessinent les tensions entre bons joueurs et mauvais joueurs. On peut donc le lire facilement sans s’attendre à de grandes surprises