La première remarque qu’on se fait en abordant ce tome 2, c’est qu’il n’est pas vraiment une suite du tome précédent. On aurait d’ailleurs du mal à parler d’une suite (chronologique) tant le scénariste nous fait faire des allers et retours dans le temps.
Pourtant, c’est indéniablement un second volet à cette
manga littéraire qu’est
Au temps de Botchan en cela que les personnages y ont toujours un rapport avec la littérature japonaise de l’ère Meiji.
Le personnage principal, Takuboku, est un jeune homme que le dessinateur Jirô Taniguchi a représenté avec le nez, la bouche et les yeux si proches les uns des autres que sa tête en paraît énorme ! En plus de son visage étrange, ce personnage a un train de vie qui a tout pour énerver : fainéant, fuyant ses responsabilités, calculateur, soutirant de toutes les manières possibles de l’argent aux autres et, par-dessus le marché, vivant dans le plaisir... On a bien du mal à l’apprécier ; on n’aimerait pas être un de ses amis... (que dis-je ?!) un de ses sponsors !!!
Cette bande dessinée est un véritable carnet de comptes. L’histoire est rythmée par les rentrées et les sorties d’argent du héros, écrivain raté. Et malgré le peu de relief que mes lignes dépeignent de cette histoire, figurez-vous qu’il est quand même facile et plaisant de suivre Takuboku dans ses errances, sans oublier d’ouvrir les yeux sur le monde qu’est le sien : le Japon du début du XXème siècle, un Japon en guerre contre les communistes qui veulent faire tomber l’empereur Meiji.
Au final, cette lecture n’est pas à conseiller à tous : beaucoup s’ennuieraient fermement. Mais ceux qui savent à quoi s’attendre parce qu’ils ont déjà vu avec le tome 1 quel était le style de cette série prendront un plaisir certain à suivre Takuboku dans sa recherche de lui-même.