Très vite, Mowgli jeune homme qu’on pensait appelé à un bel avenir parmi ses pairs va goûter à l’amère désillusion. En quelques vignettes, et pour l’amour d’une femme, sa part animale va reprendre le dessus. Mais qui donc, de lui ou de l’officier anglais, est vraiment l’animal ?
Combat entre maître et esclave, face à face entre colonisateur et colonisé, abus de pouvoir de l’un sur l’autre... Pour le sentiment d’impunité et de supériorité d’un humain sur un autre, le monde peut basculer dans l’horreur. Et cette horreur inacceptable qui va frapper Mowgli fera du vieil homme qu’il va devenir quelqu’un d’encore plus fort, intelligent et sage à nos yeux. Quelle leçon d’amour ! Quelles leçons d’amitié et de sagesse !
Le petit Vijay est à bonne école et nous, lecteurs, en profitons bien aussi. Le dernier livre de la jungle sera resté jusqu’au bout une très belle et très sensible libre adaptation de l’œuvre de Kipling. Bravo !
Côté dessin, j’ai trouvé qu’il était d’un niveau un peu en dessous de ce qu’il fut dans les tomes précédents. Le visage de Mowgli jeune homme, peut-être ? Le corps parfois légèrement disproportionné de Vijay ? Mais bon... Je fais la fine bouche. Au fond de moi, je sais bien que la véritable tristesse, c’est que ce magnifique conte prend fin avec cet album.
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