Voici un classique du shônen réédité par Glénat en format extra-large puisque ce premier volume ne comporte pas moins de 454 pages. Autant dire qu’il faut s’armer de patience avant d’entamer cette saga !
Côté graphisme, le trait est proche de celui des années 80, surtout dans le traitement des personnages féminins. Paradoxalement, les personnages masculins semblent plus matures, plus réalistes : exit les visages poupins, tout en rondeur et un peu stéréotypés. Les proportions des corps sont parfois discutables : des têtes hypertrophiées sur des corps menus, des jambes à rallonge mais taillées comme des poteaux. En conclusion, le trait semble un peu rapide. De même, dans la gestion des expressions : du visible, du schématique, de l’efficace. On n’échappe pas non plus aux clichés : les méchants ont des têtes à faire peur, les gentils un petit côté charismatique et invincible. Bref, difficile de se tromper dans la distribution des rôles.
Pour ce qui est du mouvement, le dessin laisse une impression de statisme. Il y a une surcharge de lignes de vitesse, ce qui en fait perdre tout l’intérêt ; surcharge d’autant plus flagrante qu’il y a peu de fonds hormis ces effets de mouvement.
Côté scénario, une double vie pour les deux héroïnes assez classique : officiellement gérantes d’une armurerie, elles opèrent surtout comme chasseuses de prime pour mettre un terme à des agissements criminels. En d’autres termes, des justicières aux méthodes expéditives qui réussissent là où les services de police échouent ! Là encore, on peut regretter des enchaînements trop rapides : on passe d’une intrigue à une autre sans toujours voir de lien. Seuls quelques personnages récurrents permettent de donner une certaine harmonie au récit. Il y a aussi quelques invraisemblances un peu too much : comme par exemple le sauvetage de l’enfant, au moment où elles risquaient de l’écraser, en la faisant passer d’une portière à l’autre dans un dérapage contrôlé, ou encore, les méchants équipés version « cobra » avec des armes cachés dans des parties du corps improbables ! Cela tire parfois vers le kitch !
Plus inquiétant en revanche : des traductions sans doute proches du texte original mais renvoyant à des positionnements racistes, des gestes sexuels ou sexualisés en complet décalage avec le physique enfantin de Minnie May notamment …
Un premier volume à réserver à un public averti et fan du genre !
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