Si le sujet ne m’intéressait pas trop de prime abord, je confesse que c’est parce que c’est une série signée Kaiji Kawaguchi que je me suis intéressé à
Eagle. Ce tome 1 est l’amorce très dynamique d’une histoire qui s’annonce riche en émotions et en rebondissements. L’auteur n’y va pas par quatre chemins, exposant les faits de manière directe et terriblement efficace : a peine le soupçon de la paternité de Yamaoka sur Takashi a-t-il pointé dans notre esprit de lecteur que l’information nous est confirmée. Cette interrogation ne fera donc pas l’objet de nombreux chapitres tournant autour du pot comme on en rencontre parfois dans les longues séries de
manga. C’est probablement que le fond du sujet n’est pas là, même si un doute persiste sur la véracité de cette relation entre les deux hommes.
On s’attend à une série haletante menant de front différents thèmes :
Tout d’abord, celui de la famille, puisque Takashi, s’il est le fils naturel de Kenneth Yamaoka, se découvre brutalement une belle-famille, un demi-frère, une demi-sœur adoptée (l’auteur met un peu tous les ingrédients pour se laisser toute liberté).
Puis le thème de la politique, de la préparation d’une campagne électorale : on est invité à être témoin de réunions où l’on se fera dire, voire confirmer, que la politique, c’est (aussi) des coups bas, de la manipulation par média interposés ou encore la gestion d’un physique qui doit rester solide et assimiler de multiples copieux repas auxquels le candidat est contraint de se plier sous les yeux d’un peuple pour qui chaque détail, même le plus anodin, compte.
Enfin, le thème du journalisme sera probablement traité de manière profonde au travers Takashi qui se retrouve reporter devant travailler sur les faits et gestes d’un homme qui est son père... Comment donc doit-il se comporter vis-à-vis de cet éventuel futur président sur lequel il a un certain pouvoir puisqu’il sait des choses qui pourraient le desservir ? Quoi dire ? Quoi censurer ? Quoi embellir ? Etc, etc...
Sur la base de ces pistes de réflexion, le mangaka au trait si plaisant (
Seizon Life,
Zipang...) nous invite à une lecture qui promet d’être des meilleures !
Nota : ce tome sera réédité chez Casterman, collection Sakka, en mars 2008.