Ce
manga repose sur la rencontre entre deux mondes qui ont toujours vécu coupés l’un de l’autre : l’un basé sur l’harmonie, le minimum de technologie (qui doit de toute façon être utilitaire), une sorte d’utopie, et, l’autre basé sur la consommation, la possession, la course à l’armement …Un affrontement quasi philosophique entre l’homme de nature (avec un peu de mécanique quand même) et l’homme « machine », mercantile, conquérant.
Chacun de ces deux univers se protége l’un de l’autre par le maintien d’un tabou : quiconque tenterait d’aller au contact de l’Autre amènerait le malheur sur la communauté. Il faut une intrusion violente pour que l’utopie soit brisée et que la réalité de l’Autre prenne corps. Alors la seule issue est d’envoyer un élu à sa rencontre pour en apprendre plus et trouver le moyen de protéger l’utopie. Il est d’ailleurs intéressant de voir que le destin finit par donner du poids au tabou instauré par les anciens, puisqu’au moment où l’élu (qui devait partir en cachette) effectue son ascension devant les habitants du village, la chute d’eau l’engloutit, faisant croire à sa mort. C’est un support narratif assez connu que l’on retrouve souvent dans les œuvres d’Hayao Miyazaki. Pour autant, si la base semble intéressante, le volume en lui-même n’est pas très enlevé. On reste un peu sur sa faim.
Il faut dire que le graphisme n’aide pas : le trait est épais, noir, saturé. Les cases donnent une impression de surcharge et rendent l’action peu lisible. En outre, le dessin semble grossier, approximatif, néophyte. Petit clin d’œil amusant : un personnage ressemble furieusement à Jean Réno et porte le nom de son personnage dans le grand bleu (si mes souvenirs sont bons).
Un titre qui pourrait être prometteur si le dessin ne nous donnait pas mal aux yeux