Retrouver les auteurs de 100 Bullets c’était l’occasion de replonger dans leur univers noir et glauque l’espace d’un arc de Batman. Certes nous y retrouvons cette touche si particulière à ce duo, certes nous y croisons des malfrats, des belles vamps, du sang, de la cruauté, un héros psychotique hanté par la mort de ses parents, mais il manque cette flamme qui rend leurs précédentes prestations fascinantes ! Azzarello se perd très vite dans des formules toutes faites, il ressort cette histoire des parents Wayne tués dans une ruelle, ce qui alourdit l’ensemble considérablement, il fait intervenir les ennemis jurés de Batman, comme si il était nécessaire de tous leur faire faire une petite parade et très rapidement tout devient trop long, interminable… heureusement Risso est là et il fascine encore une fois, ses plans sont ambitieux, ses cadrages et ses jeux d’ombres dessinent des figures qui rajoutent une ambiance incroyable, limite palpable. Les femmes sont magnifiquement troublantes, elles cachent leurs armes entre des formes qu’un fin tissu a du mal à contenir, elles jouent avec leurs cheveux, courent dans une ruelle et ont encore ce regard à la fois apeuré et sans pitié. Le véritable maître du polar noir c’est Eduardo Risso. Si vous ne le connaissez pas, jetez vous sur ce Batman, c’est facile à lire et ça se dévore en rien de temps !
|