Alors oui, en effet, je ne connaissais pas cet auteur. En regardant, ou plutôt, en admirant ces planches, je me dis que je suis vraiment passé à côté d’un artiste qui se distingue des autres par son regard et par le ton doucement mélancolique dans cet album. Car en effet il nous ouvre les portes de ces témoignages, de ce père, de ces amis qui se racontent, en glissant entre drames, jeux et nostalgie des moments passés. Nous rencontrons donc ces hommes qui, loin de leur pays, témoignent de leur déracinement, une rupture forcée par l’histoire, par la cruauté des évènements, les troupes qui envahissent, se replient et laissent la place à des idéologies tortionnaires. Qu’importent les détails de cette histoire. Clément Baloup semble vouloir davantage se concentrer sur les sentiments de ces gens qu’il écoute, sur la façon qu’ils ont eu de percevoir leur « aventure humaine », perdus dans un mouvement. On a presque le sentiment de retrouver le genre de flamme qu’il y avait dans « La guerre d’Alan » de Guibert, ça n’est ni larmoyant, ni bourré d’un pathos qui alourdirait le récit. Tout est très simplement raconté, sans fioriture ni exagération. Mais ce qui m’a aussi beaucoup impressionné c’est la richesse graphique de cet album, les styles se chevauchent en une masse très cohérente, mélangeant les noirs et blancs et la couleur directe dans des cases magnifiques, aux milles impressions. Cet album est une vraie belle surprise qui me donne envie de davantage découvrir cet auteur. Monsieur Baloup, qui êtes vous ?
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