Cette intégrale de la série Zoulouland rassemble sous le titre "Chronique de la fin d’un peuple" les tomes 16 à 18 :
T16 : Cetewayo T17 : Les Boers T18 : Dernières révoltes
Ce nouveau et dernier cycle aborde une ère nouvelle, celle de la fin de la souveraineté chez eux du peuple zoulou. Cetewayo était contraint à se cacher pour échapper aux Anglais : il n’aura pas pu indéfiniment leur échapper et c’est en prisonnier docile qu’il se rend aux Britanniques.
La partition du Zoulouland décidée par les Anglais n’allait pas régler les problèmes de cette partie de l’Afrique australe. Si le territoire attribué par Wolseley à Dundee semble épargné par les guérillas, d’autres ne trouvent pas la paix. Lorsque Dundee est convoqué pour participer à la guerre contre les Boers, il est pris entre deux feux mais sa haine contre les descendants des hollandais le poussera à accepter. C’est un autre pan de l’Histoire de l’Afrique du Sud qui nous est un peu dévoilé là et qui nous parle du Transvaal voisin.
Les personnages sont fidèles à eux-mêmes mais évoluent toujours: John Dundee, bien que campant un baroudeur ayant enfin posé son sac, va rempiler. Quincannon, toujours aussi déconnecté grâce au poste privilégié qu’il occupe auprès de Dundee, va connaître une fin peu enviable. Quant à Stuart, il est montré sous un jour différent. Le voilà plus dans le moule de la hiérarchie militaire mais reste attaché au peuple zoulou, qu’il combat pour l’Angleterre mais porte dans son cœur, dans ses tripes.
Avec un petit goût de déjà-vu de par les nouvelles batailles dans lesquelles nos héros vont s’engager, le scénario de Ramaïoli et son dessin portent très bien Zoulouland en rendant la lecture intéressante jusqu’à la fin.
L’auteur a délibérément évité de s’étendre sur certaines choses dont il dit que chacun de nous peut les lire dans les livres d’Histoire, mais l’intégrale est quand même très riche en informations. Comme si Ramaïoli avait voulu couper court pour mettre fin un chouïa plus vite à cette série déjà très longue.
Pour autant, on n’a pas là seulement un pavé historique : l’émotion est très palpable dans les planches de ce qui équivaut au tome 18. On se croirait dans un film qui nous a bien tenu en haleine, au moment où se font entendre les musiques qui serrent la gorge et humidifient les yeux... Kevin qui revient plein d’espoir au pays après toutes ces années mais qui s’apercevra que ce qui le fait vibrer se trouve désormais en Afrique, Quincannon le bon bougre qu’on voit finir comme un misérable pochetron, Dundee qu’on imagine vieillissant mais qu’on quittera sur une image finale l’idéalisant... Vraiment, un concentré de choses qui pincent le cœur et qui nous font nous rendre compte une fois de plus que Zoulouland nous a emportés tout du long dans de la grande et belle aventure.
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