Ce quatrième volume des chroniques de psychiatrie est assez exceptionnel. Non pas que le sujet soit plus fort que les autres, encore moins pour le dessin toujours aussi peu séduisant mais plutôt en raison de la narration et du découpage presque cinématographique.
Ainsi, les rêves s’effondrent, les fées disparaissent et les drames s’enchaînent vite, sans laisser le temps de reprendre son souffle à la façon d’un film d’action et ça fonctionne.
Les plans mettant en situation la jeune Hayakawa en pleine crise, montrent ses douleurs, les réactions psychologiques et les réponses du corps. On devine les soubresauts, on entend sa voix, venue du tréfonds de sa conscience, supplier qu’on la laisse. C’est terrifiant, on plonge littéralement dans son enfer et on a mal.
Ce
manga réaliste, toujours aussi dénonciateur et accusateur gagne vraiment à être connu. Non seulement il est captivant mais il est surtout un pas en avant pour le respect des droits de l’homme. Ainsi, une fois que l’on connaît les traitements infligés aux malades et que l’on prend conscience des amalgames faits à l’emporte pièce pour un illusoire bien être de l’environnement, on ne peut être qu’indigné !
Ouf, il reste encore quelques Don Quichotte sur la planète ! Sato semble en être un et, en bon mangaka, ne parle que du Japon mais le Japon n’a pas l’exclusivité des mauvais traitements au genre humain, on peut l’adapter à volonté à d’autres lieux. Malheureusement !
N’hésitez plus à découvrir cette série très riche humainement, qui ne fait pas rêver certes, mais qui sort des sentiers battus, qui stimule et qui montre les multiples utilisations de l’art de la bd. Bravo !