Le chien Blanco est paru en version française en 1996, six ans après sa sortie au Japon, et l’histoire se déroule en 1989, le "présent de l’époque". Jirô Taniguchi signait donc là une œuvre de science-fiction contemporaine traitant des modifications biologiques menées par l’homme tout en laissant dans son récit la part belle à des ambiances et à des environnements naturels qui font contraste avec l’essence de l’intrigue.
On ne manquera pas de penser, en voyant ce chien traqué par des tueurs, au film
La Chose de John Carpenter, en 1982. Mais cette référence n’est pas celle que revendique principalement le
mangaka qui aime beaucoup dessiner la nature et les animaux. En effet, on trouve aussi des références clairement faites à l’univers de Jack London et, dans son prologue, Taniguchi explique d’où vient le nom Blanco en faisant référence à Ernest Thompson Seton et à
Lobo, le roi des loups. Ceux qui connaissent le travail du mangaka savent que des années après, en 2006, sont parus le recueil
L’homme de la toundra et le tome 1 de la série
Seton. Ces deux BD traitent aussi du grand nord et des grands espaces qui passionnent et inspirent Taniguchi mais aussi sur l’écrivain et sur le naturaliste cités ci-dessus.
Comme pour
Le sommet des dieux avec la montagne, on peut se demander de prime abord ce que pouvait bien avoir à dire un auteur sur un chien pendant de si nombreuses pages ! Mais c’est là que l’on (re)découvre une fois de plus le talent de Taniguchi qui réussit à nous intéresser à son histoire. Le côté action / espionnage / suspense du chien Blanco renforce l’intérêt et nous laisse, à la fin de ce tome 1, avides de connaître la suite ! Car il est vrai que j’ai été surpris (dans le bon sens), pensant trouver dans cette œuvre une "simple" ode à la nature, de découvrir ce scénario qui change de ce que je connaissais de l’auteur !
Comme les autres titres de Taniguchi,
Le chien Blanco est à lire impérativement.