« Le parfum de l’espoir », ou « Paris liberté », tous ces titres parlent du même sujet et racontent le début de la liberté d’expression de l’auteur, dessinateur et scénariste. Julio Ribéra ,se mettant lui même en scène, raconte, dans ce troisième cycle ses débuts dans la presse française, le tournant dans sa carrière artistique grâce, principalement, à ses publications « alimentaires » qui lui ouvrent malgré tout les portes de ce milieu qui, jusqu’alors, lui était étranger. C’est ainsi qu’il fera la connaissance de Goscinny et qu’il participera à la naissance de « Pilote ». C’est encore grâce à lui qu’il imagine « Dracurella ». Cet album raconte ses rencontres décisives dans l’évolution de sa carrière, notamment celle avec Christian Godard (Le vagabond des limbes), les difficultés quotidiennes de la vie des artistes à l’époque – appel de l’Abbé Pierre de 1954 par exemple – leurs rêves, leurs espoirs, et la naissance de nombreuses bandes dessinées.
Le dessin expressif de Ribéra caricature parfois certaines scènes amusantes et on ne peut s’empêcher de sourire, voire d’en rire, malgré l’aspect précaire souvent décrit de la vie des personnages. Il ressort de cet album beaucoup de générosité, de simplicité, d‘amour, de respect, de solidarité, d’un peu de tristesse, d’un peu de naïveté et beaucoup d’espoir. Cette autobiographie en bandes dessinées est intéressante et touchante. Elle permet également de décrire toute une époque dans un esprit nostalgique mais léger où tout est dit avec intelligence et souplesse. Julio Ribéra est sans doute trop réservé car on devine sans difficulté la profondeur des émotions, l’urgence des situations mais jamais il n’exprime véritablement de plainte alors qu’à sa place, on aurait envie de s’effondrer.
Un grand bravo, donc, pour cette œuvre qui mérite un coup d’œil sinon un coup de cœur. Lecture conseillée.
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