Masanori Morita semble apprécier les récits autour de la vie de lycée et du sport. Son précédent
manga (Racaille blues, paru postérieurement à Rookies en France) se situait dans le même contexte.
Le scénario est étoffé bien que classique. Il décrit avec justesse le malaise qui s’est créé entre le professorat et les élèves : un mélange d’incompréhension et de jugements de valeurs. Il s’attache particulièrement à la psychologie des différents protagonistes, mettant en opposition leurs points de vue sans tomber dans la prise de parti. Il ramène subrepticement des bribes du passé pour éclairer l’état d’esprit de chacun. Son personnage central est un idéaliste : c’est un excellent catalyseur pour l’exaltation de bons sentiments. Il sert de support à la promotion de l’effort, de la persévérance, de l’honneur et de l’ambition, sans tomber dans le fleur bleue.
Quant au dessin, il est plutôt réaliste, même s’il y a quelques classiques de la surexpressivité à la nippone. Les arrière-plans sont tout aussi travaillés que les personnages. Et l’auteur use habilement du découpage pour mettre en valeur l’action. Chaque page est dense sans pour autant être surchargée.
Bref, un régal : une dose de douceur dans un monde de brutes !