Ce tome 6 de la série "Le Moine Fou" est sans doute celui que je préfère parmi tous ceux qui l’ont précédé. En plus d’y retrouver les magnifiques planches que signe Vink, on a le plaisir de s’apercevoir que le scénario est encore plus original que ce qu’on avait lu jusque là. En effet, je n’ai pas pu m’empêcher de penser au film de Night Shyamalan "Sixième sens", un film que j’avais trouvé génial par la "re-lecture" que tout spectateur s’était logiquement donnée à refaire tant il avait été bluffé par le concept. Là, c’est un peu pareil (sauf qu’il faut relever que la BD est parue 6 ans avant que ne sorte le film !).
Certes, la comparaison ne peut pas être faite sur 100% du scénario de Vink, mais voilà les faits suivants qui me font faire un parallèle entre ces deux œuvres : (attention, ceux qui ne veulent pas découvrir le pot aux roses avant la lecture de la BD ne doivent pas lire plus loin !)
He Pao, on le sait depuis quelques tomes, en plus d’en profiter, subit les conséquences de sa pratique de l’art martial du moine fou. Fatigues, malaises, évanouissements mais aussi cécité temporaire deviennent son lot quotidien. Des inconvénients qu’elle croit pouvoir amoindrir par l’eau, d’ailleurs. Dès le début de ce tome 6, on ne le sait pas, mais He Pao est aveugle et c’est grâce à ses autres sens, principalement l’ouïe, qu’elle réussit à se repérer et à s’imaginer ce qu’elle devrait voir. On voit donc les scènes de tout le début de la BD telles qu’He Pao les "ressent" ! Et c’est là où c’est génial : nous-mêmes, on se fait avoir, et bien entendu, l’importance de l’interprétation qu’elle fait des choses est primordiale pour le déroulement de l’action. Et ce n’est qu’après avoir compris cela qu’on comprend certains passages qui ont pu nous paraître louches. Mille bravos !!!
Cerise sur le gâteau, cet épisode est également porteur d’un grand et beau message relatif au handicap que peut représenter une haine que l’on vouerait à quelqu’un pendant des années et des années.
Vous l’avez compris, ce tome ne peut pas trop être lu seul car il faut connaître le contexte pour l’apprécier totalement, mais je l’ai trouvé vraiment au-dessus des autres jusque là ! A lire sans hésiter, donc !
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