Road Movie noir, un peu glauque, un peu méchant, un peu triste aussi mais pourtant rempli de force ne demandant qu’à entraîner tout son petit monde vers le haut, « Vers le Démon » de Christian de Metter en impose encore dans le milieu de la bande dessinée.
Cet album n’a rien d’une bluette ni d’un conte de fée mais il apparaît tout en force lente et intrusive. Le but du jeu ? Faire face à ses démons, accepter les réalités et prendre ses responsabilités. La prise de conscience qu’elle quelle soit est une longue étape à franchir, pour autant qu’on y parvienne. Toujours est-il que De Metter met son héros dans une situation analogue et qu’il l’accompagne dans ce travail en musique, en symbole de liberté et de tolérance et en souvenirs.
Ainsi la route 66 qu’il a choisie de faire parcourir aux personnages leur permet de prendre du temps. Le temps de découvrir et de comprendre.
Les couleurs complémentaires, pleines de ces contrastes et de cette brutalité mettent l’ensemble en exergue à moins que ce ne soit le contraire ?
Le style graphique de Christian semble revenir vers ses premières amours, sans encrage (au contraire de Swinging London), exubérant, entier, débordant dans un espace presque indéfini si ce n’était les cases qu’il garde encore. A quand un découpage à la « Will Eisner » qui lui irait si bien ?
Pour conclure, Christian De Metter continue de créer avec talent et liberté. Il commet une histoire particulièrement bien construite avec un suspense bluffant jusqu’aux dernières pages.
Sans dévoiler l’intrigue, j’ajoute que l’auteur fait ressortir toute la force de l’injustice. L’émotion poussée à son comble, abasourdi, on devine le sentiment de révolte de l’auteur derrière chaque case.
A découvrir absolument !
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