La seconde guerre mondiale suscite bien des commentaires. La bande dessinée, largement inspirée, n’est pas en reste depuis tous les continents d’ailleurs.
Ainsi la
mangaka Keiko Ichiguchi dessine sa vision du conflit vu depuis l’Allemagne.
Le récit est étonnant. La guerre reste la guerre mais les personnages typés, les corps élancés, les visages fins, les yeux un peu grands, l’air rêveur, cette empreinte asiatique reste ancrée au sein même de l’Allemagne sous le crayon de Keiko.
L’allure est étrange mais le récit n’est pas moins profond, seulement un peu moins percutant en apparence et bien que l’album se lise rapidement il laisse une trace dans la mémoire notamment du fait de l’évocation des charniers qui restent une des ces ignominies dépassant tout entendement humain possible.
Ichiguchi a choisi de raconter le comportement des jeunes allemands entre eux, montrant ainsi la difficulté de la relation amoureuse et amicale au cœur d’un peuple en pleine guerre.
Les personnages sont intéressants dans leur opposition mais aussi dans leur évolution en ce qui concerne leurs « certitudes ». On s’interroge et c’est tant mieux.
Evidemment on ne peut pas éviter le rapprochement avec « L’histoire des 3 adolfs » de Tezuka mais « 1945 » est davantage un
shojo et la différence de ton est évidente.
Pour conclure, la mangaka s’est inspirée de l’épisode de la Rose Blanche comme point de départ du récit, du nom d’un groupe d’étudiants qui a tenté de s’opposer au régime en imprimant et distribuant des tracts anti-nazi.
Sans attendre un chef d’œuvre et malgré un dessin un peu lisse, lisez cette œuvre qui apporte un commentaire féminin et nippon à la guerre et qui donne matière à réflexion quoi qu’il en soit.