Suite et fin de cette chronique de cancérologie pour laquelle il a fallut 4 volumes. Le sujet douloureux et difficile à traiter demande du temps à tous les niveaux. Celui de la recherche pour le combattre mais aussi de la compréhension pour en parler, pour se l’avouer, pour le révéler et pour l’aborder psychologiquement.
L’auteur termine cette chronique sur le thème de la mort en tant qu’aboutissement à cette vie plutôt que comme un échec. Et si, cet échec de la science n’était pas une fin en soi mais le départ d’autre chose ? C’est ce dont le héros commence à prendre conscience au fur et à mesure du déroulement de ce dernier volume. Toutes les étapes de la maladie jusqu’à la phase terminale sont ainsi abordées.Toute les étapes physiologiques mais aussi les réactions psychologiques et les comportements affectifs.
Pas de règle, juste des moyens humains différents selon les possibilités de chacun et des situations décrites par Sato. Dans le tome 6, il demande au lecteur de lire l’ensemble des 4 volumes traitant de ce sujet et de se forger soi même une opinion avant de fermer urgemment le livre devant le choc, parfois, de certains dessins.
Cette prévenance est essentielle. Le but de ce livre n’est pas tant de raconter et montrer la souffrance des malades que de dévoiler les efforts des médecins confrontés à l’immobilisme administratif. Cette lourde structure décisionnaire demande un dépoussiérage devant le besoin des homologations.
Bien évidemment la science et la recherche ont besoin de multiples tests et expériences avant la mise sur le marché mais la lenteur et la prudence réduisent aussi les possibilités de soigner.
Les médecins sont empêchés dans leur métier ou le croient-ils et cette série en est principalement accusatrice. Egalement elle demande moult réflexion et objectivité avant de se lancer dans des protocoles afin d’éviter les emportements par égoïsme.
L’œuvre de Sato est suffisamment intéressante, forte et populaire pour avoir réussi à faire bouger quelques responsables dans son pays. Bravo ! Tout l’art du
mangaka est de transmettre et malgré un dessin difficile, il y a parfaitement réussi.
Cette démarche n’est pas courante et mérite d’être remarquée.
Série difficile, au message important auquel il convient de rendre hommage.