Comme pour défier le sort, Daniel Bardet écrit une histoire sur la guerre avec un personnage ambigu. En effet, alsacien, Claus est soit Français soit Allemand, selon les époques. Certaines aberrances ont ainsi divisé des villages mal situés aux abords de la frontière allemande et les habitants ont ainsi été trimballés de France à Allemagne et inversement ce qui devait sérieusement compliquer les choses.
« Le Boche » n’est pas qu’une histoire de frontière mais aussi de famille avec ses drames. Ici, il s’agit d’inceste. Ce n’est pas rien.
Pourtant l’auteur raconte avec dextérité en passant d’une scène à l’autre comme si de rien n’était. Ainsi il use de l’art et de la manière de pouvoir parler de tout sans tabou ni provocation sur fond romanesque.
IL s’aide avec des dialogues qui se libèrent de plus en plus et les mots fleuris se multiplient pour notre plus grand bonheur. Plus le langage est « populaire », plus les auteurs nous rapprochent des personnages !
Servie avec talent par le dessin fouillé et abouti de Stalner, cette bd , qui semble devenir une grande saga mérite un coup d’œil.
A découvrir.
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