Jean-Yves MITTON nous invite aux côtés de Padre Segura dans cette Amérique toute fraîchement découverte. Ce n’est pas un nouveau continent baigné de soleil qui nous accueille, mais de fortes pluies. La traversée de Vera Cruz a pied est éprouvante, et l’arrivée à la mission où la confession de Maïana doit avoir lieu est une délivrance. Trempés, on arrive enfin au sec, au chaud.
C’est exactement ce qui se passe aussi pour le lecteur : on entre dans une histoire qui promet d’être longue et pleine d’action, et le scénario de ce premier tome nous fait passer des tumultes de la rue à la geôle où Maïana va se confier. Peu à peu le bruit s’éloigne, les personnages s’éclipsent, on se retrouve avec un trio de personnages, seulement. Segura, Tancrède et Maïana. Le récit peut commencer.
Ce récit sera truffé de flashbacks. La BD va en effet nous raconter la vie de Maïana par elle-même. Un scénario digne des meilleurs films, et une série BD dont on sait dès ce tome 1 qu’elle est prévue en 7 tomes. C’est bien de savoir où l’on va lorsqu’on se lance !
Beaucoup d’allusions sont faites à des choses que l’on ne comprendra que plus tard : Moctezuma, Cortès, le codex de Diaz, etc… On n’y porte pas forcément l’attention nécessaire, mais, c’est promis, tout s’éclairera par la suite !
La langue de Maïana est le « Nahuatl ». A la fin du tome, un lexique est proposé qui reprend la liste des mots (à la structure compliquée pour le profane !) qui seront utilisés au fur et à mesure de l’avancement de la BD. Bref, tout est mis en place pour que ce soit dans les meilleures conditions de compréhension que se fasse la lecture. Et ça fonctionne : c’est d’une traite que l’on parcours cette merveilleuse BD.
De l’action, du sang, du sexe. Le tout superbement scénarisé, fluide. « Deux fleurs de maïs » est le premier tome d’une série que la suite confirmera comme étant, à mon avis, l’une des meilleures séries de la bande dessinée.
|