Ce qui m'a plu dans "Jesuit Joe", c'est le personnage, son ambiguité. est il réellement un salaud ou bien fait ilm semblant?
Une des scènes que je préfère, c'est page 47 de l'édition Casterman : celui où il se promène en canoé, il écoute un oiseau chanter sur une branche, il sourit et...descent l'oiseau en disant : "Y' a trop de joie dans ce bois". Qui est ce personnage? A part qu'il me fait penser un peu à Raspoutine, l'"ami" de Corto Maltese.
La première édition de Jésuit Joe a eu lieu chez Dargaud en 1982. En 1990, un jeune metteur en scène, Olivier Austen, décide d'adapter cette oeuvre au cinéma. Le film reste asssez méconnu (il sort en 1991) mais reste fidèle à l'esprit de Pratt.
Casterman réedite donc cette bande déssinée dans une nouvelle version qui comprend des aquarelles de Pratt sur les personnages, les recherches de costumes, décors, des cartes des régions du Canada. Et insérés entre les planches, des extraits du story-board que fit Pratt pour le film.
L'oeuvre commence par 13 planches muettes sans une parole. Ce qui est très réussi. Pratt utilise la technique du "gauffrier".
Comme je le dis plus haut, le personnage est ambigu, il n'hésite pas à sauver un bébé ou un blanc qu'il connait pas mais tue sa soeur parce qu'elle se prostitue.
la fin aussi est ambigu : entre le sergent Fox et Joe, un fusil, la dernière cas juste un "crack" et le mot "fin". le lecteur ne sait pas ce qui s'est passé , qui est mort, qui s'en sort.
Pratt avait commencé 17 planches de Jésuit Joe 2 qui restera une oeuvre inachevé. Ces 17 planches sont parus en France dans "La marge"1 à 5 (1985/1986) puis dans BO-DOI hors série 5 (2002).
Jésuit Joe est donc une oeuvre à part dans les créations de Pratt. Une oeuvre à découvrir et à conserver dans sa bibliothèque.
A noter que "Jésuit Joe" fut aussi éditer en roman.
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