La première histoire de ce deuxième tôme nous emmène vers l'Afrique, dans un récit qui ne semble rien avoir à faire avec le reste, on y raconte un amour malheureux de Morphéus qui jadis aima la belle Nada. A priori, on ne voit pas très bien le rapport avec ce qui va suivre, mieux vaut se concentrer sur l'incroyable force narrative de Gaiman. A peine se souvient on avoir déjà croisé cette Nada dans le tome précédent alors qu'elle suppliait le souverain de rêves !
"Sandman" c'est justement ce côté décalé, les histoires semblent indépendantes les unes des autres, mais obéissent à une logique d'ensemble, comme pour cet autre récit ou Sandman retrouve tout les cent ans le même individu qui a choisi l'immortalité. A travers leur dialogue se dessinent deux individu qui apprennent à devenir amis, qui apprennent surtout à anticiper le monde qui les entoure.
(A lire surtout, le moment où les protagonistes se retrouvent en plein "Festival des sérial killer", à la fois hilarant et effrayant !)
L'univers de cette série continue donc à se préciser, les rapports entre Morpheus et sa famille, avec les autres entités qui habitent son monde, avec les humains, tout se met en place !
Les textes de Gaiman sont magnifiques et progressivement les dessins deviennent vraiment parfaitement adaptés, même si ils ne sont pas tout le temps évidents. C'est cette alchimie qui rend cette série incontournable, car bien au delà de n'être que le "bébé" de Gaiman, "Sandman" nous entraîne dans des territoires lointains, dans le regard que portent des êtres immortels sur l'humanité, un regard fascinant. Gaiman y explore tout ses thèmes de prédilection, la mort, les rêves, la responsabilité, mais surtout les entités supérieures qui nous surveillent.
Il est temps d'entrer dans ce royaume et de ne plus se retourner.
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