Le célèbre Nestor Burma, héros de Léo Malet tant convoité par les artistes, est à nouveau dans le feu de l’actualité avec un nouveau dessinateur. Il s’agit d’Emmanuel Moynot, qui se lance dans les pas de Tardi et qui relève le défi. Pas de demi mesure pour cet épisode avec une histoire qui n’a rien à envier aux précédentes, le rythme est « Cosy » et la narration en « voix off qu’on ne peut imaginer autrement qu’avec celle de Guy Marchand » est belle et bien là. Evidemment, le dessin de Moynot ne peut pas être comparé avec celui de Tardi. Là où Tardi faisait des « gueules », Moynot fait des visages. Il s’applique également à faire des décors moins marquants, un peu furtifs, presque entre le dessin et l’esquisse. Pourtant, ce trait un peu jeté, un peu nonchalant rend l’atmosphère si spécifique du fameux polar. Sans oublier le changement de dessinateur, la lecture reste agréable et on aime toujours l’incomparable privé. Autre changement avec la mise en couleur. Rien à dire sur ce travail propre et bien réalisé mais, grande amoureuse des n&b d’un Paris la nuit, j’aurai préféré un lavis et des grisés plutôt que cette mise en couleur.
Dernière différence importante, cette fois il s’agit du tirage. Casterman a tiré 85 000 albums de ce Burma.. D’ordinaire, Emmanuel Moynot vend plus ou moins 5000 exemplaires par titre alors le pas vers la très grande aventure du monde de la notoriété (sic ! ) est franchit, souhaitons lui la carrière qu’il mérite.
La lecture est agréable si vous ne cherchez pas à retrouver Jacques Tardi ni les jalons qu’il a posés. Il faut lire La nuit de Saint-Germain- des-Près avec un regard vierge d’à priori et dans ce cas, le plaisir sera au rendez-vous. A vous de voir.
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