Si ces cubes que portent ces personnages sont rigides et froids, ils amènent un regard sur ces âmes qu'ils contiennent, sur ces êtres qui ne se reconnaissent plus dans leur miroir et souffrent de cette atmosphères sans souplesse. Dans "Cubik" nous retrouvons au centre d'un récit qui se rapproche de "1984" par exemple tout en lorgnant discrètement vers "Flat land" ! Le cube s'oppose à la sphère, Les angles et la rigidité à l'âme et les courbes. Tout n'est donc pas à prendre au premier degré, s'agit-il seulement d'un homme qui veut retrouver la faculté de retirer ce cube ? S'agit-il d'une simple histoire d'amour ? Non, il s'agit plus directement d'un discours sur l'envie de liberté, de penser, de respirer et de pouvoir se regarder sans retenu, les personnages sont enfermés dans une société qui les observe et les puni au moindre pas hors des sentiers balisées.
Bien sur, derrière ce "constat" c'est aussi un regard sur notre propre quotidien, même si cette "métaphore" peut sembler bien grave et pessimiste ! On pourrait se demander si avant tout ces "hommes-cubes" ne seraient pas, tout d'abord, leur propre victime, si ces ombres qui persécutent ne seraient pas leurs propres démons !
Néanmoins, "Cubik" se lit comme un roman triste et fataliste sans issue ! Le style graphique balance entre réalisme en
ligne claire et jeu d'ombre, il me rappelle le trait de Marc-Antoine Matthieu, ses ambiances et ses jeux sur les formes. peut-être justement "Cubik" ne va t il pas assez loin dans les jeux de formes, qu'il n'expoite pas assez le potentiel de ces formes géométriques ! Malgré tout, j'ai fondu pour cette histoire et Sylvie Fontaine semble promue à un bel avenir de BD !