Redonner vie au mythe des corsaires dans l’Angleterre de la Révolution industrielle, tel peut être en grande partie le sujet de ce premier tome. Mais on y retrouve d’autres ingrédients, tels que : l’ambiance des services secrets, une grande partie d’aventure et d’
anticipation chers aux romans de Jules Verne. On pourrait même se plaire à s’imaginer en face des ancêtres du service secret mis en place par Ian Flemming pour son héros James Bond.
Le tout est servi par des couleurs très réussies de Delf, et le dessin très caractéristique d’Eric Liberge. Des personnages marquants et marqués, aux traits burinés qui alternent avec d’autres aux traits plus adoucis. On pourrait reprocher des répétitions dans les traits des personnages secondaires, mais ce n’est qu’un détail. Le dessin et le découpage servent une histoire qui se veut dynamique tout en distribuant assez d’informations au lecteur. J’aurais aimé que certaines onomatopées soient insérées car certaines cases manquent de ressort dramatique, toutefois le découpage parvient à gommer ce défaut. Et la lecture est assez fluide.
Donc au final, nous avons une bande dessinée qui navigue, sans faire de jeu de mots, sur plusieurs genres, de quoi composer une recette qui plaira au plus grand nombre. L’idée de cette organisation secrète à la pointe de la technologie et cherchant à s’autofinancer est très séduisante. Eric Liberge s’essaye à un nouveau style graphique, différent de
Tonnerre Rampant et
métal, et c’est toujours réussi. Si le but de cette collection empreinte(s) était de mettre en avant des auteurs au style marquant, nul doute que ce but est atteint avec cette nouvelle série.