On passe de Varanda à Xavier, et de Lyse à Alexe pour la "technique".
Très honnêtement, je n’ai pas vu la différence : Xavier constitue un très bon choix, son dessin est proche de celui de Varanda. Ce qui est très appréciable, car un changement de dessinateur n’est jamais aisé. Le lecteur ne devrait pas en être perturbé.
De plus, j’ai beaucoup aimé les regards de ses personnages. On dirait qu'ils sont tous atteints de mélancolie, et personnellement, je l'ai très fortement ressentie.
C’est assez étrange mais , tout comme Varanda d'ailleurs l’avait fait dans le tome 1, il parvient avec ses dessins à créer une atmosphère dense, oppressante presque : le récit d’Ange nous prend à la gorge, et met mal à l’aise, comme si une catastrophe s’annonçait, qui trouverait son épilogue dans le tome 3 de cette trilogie qui continue sur les mêmes bases élevées du premier tome.
En effet, le récit est une fois de plus bien mené.
Bien qu’il soit dense et complexe, on suit avec passion les aventures de Gabriel, personnage tragique, noué à sa condition d’Ange; d'Anya, dont le rôle se révèle très obscur dans cette partie; et de Julien, petit garçon perdu, dépassé par sa propre destinée mais à laquelle il tente de faire face.
En fait, Ange a brossé des personnages à la fois attachants et pourtant très tourmentés, un peu troubles. C’est ça, je crois qui donne toute sa saveur à cet album, et plus généralement à cette trilogie (attendons de voir tout de même comment cela finit).
Les couleurs d’Alexe ne sont pas en reste non plus. J’avais déjà pu admirer son travail sur « Le souffle », et elle confirme dans « Paradis perdu » son talent de coloriste. Bravo !
Tous ces ingrédients font de ce tome une belle réussite des éditions Soleil. Une fois n’est pas coutume !
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