Il y a des auteurs pour lesquels je ne voudrais vraiment pas manquer une seule de leur BD, Etienne DAVODEAU en fait partit, tout simplement parce que j’aime la fraicheur, le naturel, la vie qui ressortent de ses histoires. C’est à chaque fois, (et même a chaque relecture), un vrai moment de repos, de détente et d’apaisement qui me laissent un réel sentiment de bien être. Sans nullement exagérer c’est tout ça que me produisent les histoires de cet auteur.
Mais derrière toutes ces émotions, il se cache tout de même des duretés de la vie, et particulièrement dans « Chute de Vélo », avec le personnage de Toussaint ce pauvre gars, amis de la famille, pauvre, au bord de la misère, et continuellement aidé et protégé. Cet homme cache un mystère qui le rend bien étrange aux yeux de tous, et dont lui seul en connaît la raison.
Quant aux traits de dessin de Davodeau, il reste aussi simple que ses histoires (sans être péjoratif), c’est a dire qu’il est léger, avec des couleurs douces et paisibles qui ne font qu’accentuer le coté naturel de cette narration.
Incontestablement, si vous avez envie d’entendre parler tout simplement de la vie, alors n’hésitez pas, « Chute de vélo » en déborde et ça fait vraiment du bien.
Chute de Vélo.. drôle de titre pour cette histoire ! Des chutes, il y en a plein… finalement la chute de vélo est la plus bénigne.. elle est même inévitable pour tous les gamins de la terre elle peut faire mal mais elle est souvent drôle. Elle marque le début du dur apprentissage de la vie.. Tout paraît simple, tout semble naturel.. et pourtant.. ,
« Chute de vélo » c’est l’histoire d’une vie de famille somme toute banale avec ses rires et ses cris, ses complicités et ses disputes… bref, tout va bien. Pourtant tout est ambigu avec des personnages qui sont autant d’individualités ayant leurs secrets, leur rancœur, leur mea culpa, leurs désirs. Davodeau raconte comme il sait si bien le faire avec sensibilité et discrétion. Pas de mise en avant provocatrice, uniquement des scènes, des tableaux avec des silences, des chuchotements qui en disent tellement long sur les pensées des protagonistes.
Son dessin exprime la douceur, comme la couleur d’ailleurs, avec ses prédominances toujours pastels. Il fait dans le demi ton et laisse au lecteur le soin de choisir la juste tonalité. On reçoit, on interprète comme on déguste un plat avec plus ou moins de palais !
Alors comme ça il peut dire la vie telle qu’elle est, c’est à dire douce et rose mais aussi douloureuse et noire. Chacun, selon son caractère y verra l’horreur, le dégât, la lâcheté , l’usurpation mais aussi l’humour, la scène décalée et humoristique à souhait (scène du dos coincé au cimetière .. j’ai rit de bon cœur, surprise par le dialogue inattendu ), l’amour , la tendresse etc.. Bref Davodeau parle de tout, ça ressemble à la vie, c’est de la bd et c’est 75 pages de lecture qui remplit amplement notre imaginaire.
Ne vous privez pas de ce plaisir.
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