Le tome 3 de cette série termine l’histoire de la belle Ayako, victime d’une époque, victime de la cruauté et de l’avidité. Elle est le point central de la série mais elle n’en est pas la seule victime.
Tezuka sacrifie d’autres personnages tels que des leaders politiques, des activistes syndicalistes, des intervenants du milieu judiciaire mais aussi des innocents, tels que le jeune magistrat amoureux d’Ayako et n’ayant pourtant pas d’affiliation ni avec la famille ni avec le milieu maffieux.
L’après-guerre japonais est une « période de brouillard » d’après les divers analystes, laissant encore des points d’interrogation sur les actions des propriétaires terriens. Leurs biens sont réquisitionnés, redistribués et la richesse des uns et des autres est dilapidée. Le milieu politique de l’époque est glauque et les américains, cherchant à imposer leur démocratie dans un pays culturellement à l’opposé, dépossèdent alors les japonais de ce qui leur reste. Le résultat est une forte montée en puissance de la violence et les groupuscules maffieux vont alors enchérir jusqu’à un affrontement plus ou moins final et sanglant.
Tezuka est un humaniste et son « Ayako » décrit les milieux, les situations et l’ambiance de son pays.
L’auteur décide de conclure sur une revanche et, même si elle n’a pas été voulue, elle laisse encore la place à une injustice ! Un innocent se retrouve mêlé malgré lui.
Le destin est tragique, les illusions s’effondrent et chacun récupère alors le boomerang qu’il a lancé et qui revient vers son propriétaire. Toutefois, les vrais responsables (Chefs d’état, militaires, généraux.. ) de ces évènements sont épargnés ! Dure réalité alors que cette histoire affiche avec pertinence mais, Tezuka est un grand artiste, un grand créateur et il nous fait partager son don de l’observation avec un air ironique et une conclusion presque victorieuse en dépit de la morale.
On dit de lui qu’il est le fondateur du
Manga moderne.!
En tous cas il est un fabuleux raconteur et « Ayako » fait partie de ses oeuvres fortes. Le final est théâtral !
Inloupable !