L’histoire d’Ayako est terrible ! Le grand maître Osamu Tezuka raconte l’après guerre de son pays sans aucune équivoque ni pardon. Tout le monde passe au crible, les riches terriens et capitalistes japonais, les traîtres (Jiro) et naturellement l’occupant américain. Les premières victimes sont le peuple à qui on va imposer des réformes, des contraintes, des nouvelles lois et organisations en dépit des besoins des civils. Le monde du travail est lourdement touché avec des milliers de licenciements ce qui provoque une montée de l’idéologie de gauche. Le drame est partout, dans les milieux actifs, au sein des partis, au cœur même des familles ce qui sert de fil rouge à Tezuka . Le ton est dur et méchant, les premières victimes sont les femmes et les enfants ! L’auteur n’y va par le dos de la cuillère, il brandit l’injustice et la cruauté, c’est noir et sans alternative. Il montre l’état du pays, il dessine la guerre des espions avec les assassinats de certains politiques ou syndiqués. Il alterne la douceur et la candeur, en dessinant Ayako avec un visage très mignon, avec l’horreur et l’abjection en montrant les coups et la violence du père, et des fils aînés. La narration mêle la fiction et la réalité. A tout ça, s’ajoute un thriller, bien ficelé avec double enquête qui s’impose autant que la chronique familiale du récit. Dur constat, Ayako est un drame qui ne peut pas laisser indifférent et qui fait partie des indispensables s’il en est. Cet album a été nominé pour la remise des prix d’Angoulême 2004 dans la catégorie « Patrimoine de la bd ».
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