Comme je l'ai déjà dit, le maître intérêt de cette BD reste l'effort
scénaristique. Chauvel, bien servi par les dessins efficaces de Le Saëc,
excelle dans son découpage, sa construction narrative : pour ne citer qu'un
exemple, il ouvre son récit sur un détail qui semble anodin, mais prend tout
son sens à la fin de la BD.
La construction en flash-backs peut dérouter, si on n'a pas l'habitude. Mais
comme ceux-ci sont très bien marqués, repérés clairement dans le temps, un
léger effort de représentation permet de suivre parfaitement l'histoire,
avec en prime l'impression d'être intelligent !
La thématique de cette BD reste, comme bien souvent chez Chauvel, la
violence, mais la violence sociale, et l'humanité de ses acteurs. Plus
explicitement, on voit le flic faire son boulot, être aussi humain qu'il est
possible de l'être (on a notamment droit à un aperçu rapide de sa vie de
famille) en ménageant son sens du devoir, et le délinquant le prendre pour
un pote inconditionnel. Avant de « tomber de haut » : le flic reste un
flic - pas un pourri ni un hypocrite, mais un flic qui fait son boulot quand
ça commence à devenir grave.
Le jeune en conservera un sentiment amer, et tout ça, bien évidemment,
finira mal.
Un BD solide, un peu noire, mais à mon sens très réaliste, et qui veut plus
dépeindre de manière un peu orientée, sociologique pourrait-on presque dire,
que dénoncer un système ou la société.
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