33 sonnets, 18 planches dont 10 doubles, une couverture à jaquette somptueuse, une préface de l’éditeur et un format souple font de ce livre un magnifique cadeau. Les poésies de Baffo sont très crues et leur lecture demande un minimum de connaissance sur la culture italienne, la littérature du 18ème siècle, les amours dissolus de Casanova entre autres Don Juan pour comprendre la subtilité et le réalisme de l’auteur. Dans un autre cas, on prendrait le risque de le détourner vers un genre pornographique et de le considérer comme étant un obsédé sexuel. Il le fût peut être, mais pourtant, ses écritures sont sans perversité. Elles redéfinissent les sexes, elles les différencient sans ambiguïté homosexuelle, mœurs vénitiennes courantes au moment où Baffo écrit. On dit de lui que son obscénité est pleine de noblesse ! Hugo Pratt, Italien aussi, voyageur, et fréquemment amoureux, très grand aquarelliste met son art au service de cette poésie là, et le résultat est, sans conteste, d’une grande sensualité. L’ouvrage est magnifique mais il faut le réserver à un public averti. De plus la traduction du patois vénitien est parfois ambiguë et certains mots totalement inutilisés dans notre langage peut déstabiliser les lecteurs.. Vous voilà prévenus, si vous aimez les aquarelles de Hugo Pratt, elles sont superbes, osées, très suggestives et exactement à la hauteur des écrits de Baffo. Superbe !
Si vous ne le trouvez pas … patience et langueur de temps, Vertige Graphic a tout prévu et la réédition est à paraître.
|