Alors là , c’est une sacrée bouffée d’oxygène cette histoire. Tout y est tendre, touchant, attachant, et même assez drôle !
Le problème posé est celui de la déclaration d’amour, en quelque sorte, dans notre monde d’aujourd’hui, au beau milieu du périph ou dans le petit studio qu’on arrive à se payer difficilement, entre les souvenirs de l’enfance et la projection de l’adulte vers ses responsabilités dans la vie. Le petit monde de Marc Lizano est fragile, inquiet, très joli aussi et on est vite tenté d’entrer avec eux dans cette bluette . Leurs hésitations, leur inquiétude devant un engagement, leur maladresse aussi est très attendrissante. Je craque complètement pour cet album de 122 pages qui en plus d’être joli et drôle (la scène de discussion des garçons dans les toilettes hommes est à mourir de rire ! ) est très originale. La narration construite en discontinu, il me semble qu’elle avance au même rythme que la déclaration d’amour de ces deux jeunes : des petits pas et des pauses ! les pauses sont figurées par des interludes où on peut joindre l’absurde et l’agréable en écoutant les pensées de nos héros sous couvert d’une bande de poissons penseurs et parleurs. Et mine de rien, on en profite pour en apprendre un peu plus sur l’auteur qui nous parle de ses goûts cinématographiques, des lectures qui ont comptées pour lui, de ses goûts musicaux etc… Le dessin est minimaliste et Marc colle des cœurs partout, c’est comme un bonbon mou, tendre et sucré. Cette collection est vraiment bien trouvée et les auteurs s’en donnent à cœur joie, ça se voit, c’est rayonnant ! Pour finir cette jolie histoire d’amour est accompagnée par une bande son « virtuelle » avec les titres que vous pourrez facilement trouver si ça vous tente d’aller encore plus loin ; en ce qui me concerne, j’aurai bien écouté François Béranger ou Thomas Fersen avec cette chanson « Que l’on est bête » de l’album « Le jour du poisson » (ça tombe bien !) qui dit :
Que l’on est bête quand on est amoureux,
Que l’on est bête mais comme on est heureux,
En amour, l’esprit est une enclume
Et que c’est lourd quand on est fait de plume
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