Voyage, amours, rythme, couleurs, on pourrait traduire cet album avec une multitude de mots. Il parle de presque tout, il raconte presque tout, il fait rire et sourire mais aussi grincer et il met les points sur les I, en douceur bien sûr, en souriant ; cet album n’étant pas une leçon de morale. Il est une histoire écrite pour s’amuser, pour le plaisir de l’auteur et pour le nôtre. Il raconte l’amour, le soleil, même si cette fois, il y a plus de pluie dans les cases que d’habitude mais on lui pardonnera le mauvais temps devant tant de spontanéité. Cette fois le chat est bien triste car il est jaloux que Zlabya tourne son regard vers ce jeune rabbin, Zlabya de plus en plus belle soit dit en passant, Sfar semble envoûté par son héroïne et ses grands yeux ! Cet auteur a du génie, il raconte tellement simplement certaines évidences, certaines scènes qui frisent le ridicule dans la réalité, en montrant par l’exemple ce que c’est et ce que ça pourrait être si….. ! J’adore l’impertinence et la justesse de Sfar quand il raconte la vie en bande dessinée. J’adore sa manière de nous intéresser à tout ! Il y a de la manipulation dans l’air ! Sfar est un raconteur mais avant tout, il est un « transmetteur ». Il a ce petit talent supplémentaire qui fait enrager surtout quand on sent qu’il ne fait même pas d’efforts ! Argl… c’est injuste ;-) Allez, je plaisante bien sûr, cet album est absolument génial, il contient une foule d’informations, il est dense et beaucoup de choses se passent dans le cœur et dans l’esprit de tous les personnages… peut être que le folklore est un peu plus en avant cette fois ci, avec le voyage du rabbin et l’espièglerie de sa fille, et que la sensualité, d’ordinaire omniprésente chez Sfar, ne fait pas figure de proue dans cet épisode. Mais non, rien ne manque à cette histoire, le rabbin rentre en Algérie, retrouve ses ouailles et leur assène le sermon habituel … heu.. non, le sermon reste en suspens, finalement, il faudrait bien revoir deux/trois bricoles au passage avant de s’y remettre, il y a des modes d’emploi, comme çà, qu’il faut réadapter aux situations pour être un peu réaliste … Allez les retardataires, pas question de passer à coté de cet album, ni d’aucun de la série d’ailleurs ; décidément, chez Poisson Pilote il y a des vrais trésors ;-)
|