"Enfer portatif" n'est pas la bande dessinée la plus accessible de l'année. 120 pages, en noir et blanc ; une étrange histoire, avec des héros peu ragoûtants..
Pourtant, en creusant un peu, on découvre une très belle réalisation de François Ayroles. Cet habitué de l'association, surtout connu pour son travail sur l'oubapo, nous livre ici un vrai roman, sans jugement, loin de tout misérabilisme.
Il ne faut pas y chercher une grande profondeur ou de grands thèmes. Non que cet album soit superficiel, mais plutôt que pour apprécier ce conte noir, il faut se laisser porter.
Les personnages sont tous aussi réussis qu'improbables. Les dialogues recèlent à la fois une grande poésie, et une effroyable lucidité.
Finalement, une BD dont il se dégage une grande humanité. Chaque lecteur un peu curieux y trouvera sans doute son compte.
Gdseb
(04 Septembre 2003)
Je ne connais pas trop l'univers de cet auteur, j'avoue ! Cet album m'a néanmoins complètement séduit.
Tout d'abord le graphisme est magnifique, un très beau noir et blanc, plein de matière, de vie ! Ensuite le scénario est particulièrement bien écrit, très fantaisiste et original. Ces deux personnages sont assez incroyables, pas très charismatiques mais attachants tout de même. Cette métaphore entre l'aveugle qui est guidé par un tétraplégique est rigolote et très intéressante. De même que les idées au sujet de l'art, de l'apparence etc. que Ayroles sème par ci par là. On a presque l'impression de lire une fable Voltairienne (avec moins de prétention que chez Sfar par exemple) et c'est assez sympa en fin de compte.
120 pages de vrai bonheur.
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