Pas facile d'adapter le chef-d'œuvre de mary Shelley, le mythe ayant déjà été revisité à de nombreuses reprises.
Pourtant, Denis Deprez tente ce pari risqué, et le gagne. Toutefois, cet album est assez hermétique, et seul une (plusieurs?) lecture minutieuses peut permettre de le savourer à sa juste valeur.
Tout d'abord, le plus impressionnant est sans doute la technique de la couleur directe utilisée pour cette BD. Chaque planche est un déluge de couleurs brutes, avec alternance d'ombres et de lumières, en changeant même le style de dessin d'une scène à l'autre.
Ensuite, au niveau de sa vision de l'histoire, Deprez insiste sur le côté monstrueux de Victor Frankenstein : plus que sa créature, il est lui même la source de sa déchéance. Tant et si bien qu'on ne réussit même plus à réellement distinguer Victor du monstre qu'il a créé. Evidemment, la couleur directe renforce cette impression de confusion, de monstruosité, de violence.
Au total, plus que sa vie, Victor nous fait entrer dans son âme, avec ses doutes, ses regrets, et son dégoût de lui même. Une BD très complexe, qui prend toute sa dimension une fois cet obstacle surmonté.
|