Aire libre nous sort encore un petit bijou de ses cartons, et Bailly et Lapière réussissent là un bien bel album.
Agadamgorodok est avant tout une ville en rupture, un monde irrationnel, dont les habitants manquent de repère, et dont on ne s'échappe pas facilement. Les personnages de Jules et de Spéracésès sont en cela des enfants de cette ville, et en représentent les deux pôles.
L'un est poète, et semble vivre en permanence dans un autre monde, plus gai, plus simple, plus lumineux, plus beau.
L'autre est torturé, violent. Il a une âme tourmentée, et n'est pas sans rappeler Raskolnikov, le "héros" de crime et châtiment.
L'intérêt de cet album réside bien là, dans le travail psychologique sur ces deux personnages, dans la finesse avec laquelle ils sont travaillés ; et également dans cette ville fascinante, à l'ambiance si pesante, qu'est Agadamgorodok.
Le tout est superbement mis en dessin, avec des applats de couleur, qui accompagnent parfaitement le propos, et qui renforce les ambiances.
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