L'Intermezzo est traditionnellement une sorte d'interlude entre deux scènes, un moment ou les acteurs se déchainent, ou ils s'ouvrent à la farce, se déguisent, un peu à l'image de ce que l'on peut voir pendant le carnaval de venise par exemple. Cet album reflète bien les moments d'attentes qui précèdent cette nuit de folie. Cette théatralité qui apparait dès les premières pages nous entraine vers une histoire complètement décalée, peut-être trop verbeuse mais en tout cas fascinante. On a parfois l'impression que Convard en fait beaucoup trop, chaque sentiment est exacerbé, tout le monde est très loquace et à la longue on en oublie un peu l'histoire (ça m'a rappelé certaines pièces de la Comedia del arte) ! Néanmoins cet univers théatral est vraiment très prenant, Neige suit le cours de cette aventure comme le ferait un pantin, sa confrontation avec la magnifique et torturée "cueille-la-mort" en est le parfait exemple. Ce héros est avant tout l'outil d'une sorte de quête, c'est ce que semble vouloir montrer cet album, un outil qui a à peine le temps de s'arréter et de choisir, il porte très bien son nom, il est blanc et neutre comme la neige. Le dessin de Gine est sensationnel, je n'ai pas assez de qualificatif pour le décrire, et Venise semble etre la ville révée pour vibrer sous sa plume. Je me suis perdu pas mal de fois dans les détails d'architectures, dans les costumes somptueux, les expressions des masques. De plus les couleurs sont vraiment un délice. Ce quatrième tome est avec le suivant un must de cette série, un vrai bijou d'écriture et de dessins à posséder absolument !
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