Je viens de fermer cet album et je reste encore tout imprégné de cette douceur, ce calme qui, à chaque page, enveloppe le lecteur, l'emmène dans les rues, lui demande de regarder un peu les autres, de prendre le temps de s'asseoir, d'avoir une belle pensée pour sa femme, d'aider une dame, mais aussi d'être un peu curieux, simplement. Tanigushi nous demande de ne penser à rien, de se calmer.
Au travers de ces petites histoires c'est une leçon de vie qui nous est donné, bien zen, avec tout l'art de ce grand artiste. Des cadrages magnifiques, une narration particulièrement lente et des choix de séquence d'une très grande finesse. Petit à petit on entre dans la vision de cet homme, de sa femme et de leur chien Neige, qu'importe qui ils sont, ce qu'ils font, ce qu'il faut garder en tête c'est la tendresse avec laquelle "l'homme qui marche" regarde l'univers qui l'entoure pendant ces moments où il décide de descendre un arrêt de bus avant, ou il se retrouve les lunettes cassées a parcourir le chemin de la maison...
Je suis éblouit car je rêve d'être ce personnage et à la fois c'est ce genre d'album que j'aimerais, un jour, pouvoir faire ! On y retrouve tellement de choses positives, pures, essentielles qu'on se dit qu'encore une fois la culture japonaise peut s'universaliser et enrichir notre propre vision du monde.
Tanigushi nous montre aussi que les "
mangas" sont loin de se limiter à des guerres de robots ou autres joueurs de baskets pré-pubères, il existe aussi tout un pan plus contemplatif plus proche du quotidien et des personnages, plus tranquille aussi. Je conseille particulièrement la scène ou l'homme décide de s'arrêter sous un cerisier, ou encore celle ou il a les lunettes cassées, elles me font encore de l'effet, c'est magnifique.
L'album idéal pour enfin prendre le temps de respirer un peu !