Ce tome est particulièrement intéressant, à plusieurs titres. Tout d'abord c'est particulièrement bien scénarisé, et en dehors de quelques dialogues un peu naïfs, difficile d'imaginer que ce tome date de 1972. Les dessins de Mezieres sont impeccables, Laureline toujours aussi belle et fragile, Valérian aussi héroïque, et l'ensemble se lit d'une traite. L'humour est omniprésent et rend la lecture agréable (Laureline qui semble se moquer de Christin et son habitude de la rendre toujours captive : "la faune de l'espace est mysogine"...).
Ce que je retiens surtout, c'est l'analogie évidente avec la colonisation américaine. Sous prétexte qu'un peuple, habitant primaire de la terre que l'on souhaite exploiter, n'a pas les mêmes meurs ni la même apparence, on les parque, on les exploite, on les affame. Et si la fin est plus heureuse que le devenir du peuple indien d'amérique, le message est très clair, et finalement très engagé.
A lire en écoutant "Rust Never Sleep" de Neil Young et particulièrement le titre "
Pocahontas" qui raconte la même histoire... En plus triste... En moins Valérian...