Ce deuxième tome démarre fort, le lecteur entre rapidement dans le vif du sujet. Vous l’avez compris, dans « Selma », la parole est plus à l’action qu’à la psychologie !
Cela permet de faire avancer l’intrigue de manière assez conséquente : qui sont ces monstres ? Pourquoi Jordan ? Que sont ces mystérieuses perles noires qui le protègent par moment ?
Le mystérieux traité va nous apprendre pas mal de choses sur tout cela. Je parlais d’action, mais Makyo n’a pas laissé tomber pour autant la dimension humaine de ses personnages : la relation entre Selma et Jordan est très intéressante. Dans « Jordan », je m’interrogeais sur le personnage du jeune tchèque : il semblait incapable de s’attacher aux gens, ou plutôt, il n’en sentait pas le besoin encore moins l’envie. Presque comme s’il s’agissait d’un poids trop lourd à supporter pour son être. Et là, justement, Selma semble être LA personne qui va peut-être (tome 3 s.v.p ?) lui permettre de franchir ce cap, de se libérer, de rejeter loin la mélancolie qui semble l’habiter depuis qu’il est enfant.
Voilà qui permet à l’histoire de ne pas tomber dans une banale bataille entre les « petites fées » et les « perles noires » dans le rues de Paris (à l’atmosphère fort bien rendu par ailleurs). Makyo fait volontairement passer ce point du récit en arrière-plan, pour développer la relation de son couple de héros.
Quant aux dessins de Rossi, je trouve qu'ils rendent les personnages crédibles, très expressifs, vivants. En particulier, il arrive à faire ressortir à la fois la force et la fragilité de Selma. Ne reste maintenant que le tome 3 pour connaître tout le dénouement de cette histoire passionnante aux frontières du réel…
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