La première chose que l’on note lorsqu’on ouvre cette bande dessinée, c’est la qualité de l’accroche formulée par les auteurs en guise d’éditorial ! « Beaucoup d’auteurs donc beaucoup d’idées », et cette notion d’histoires vécues, aussi... Voilà qui sonne bien ! Et puis une sorte de contrainte artistique nous est rappelée : ce challenge pour les co-auteurs de devoir adapter dans leur histoire un épisode de leur propre vie ; une intéressante manière pour les artiste de mettre « du leur » dans leur travail ! Enfin, cette image donnée de la BD qui peut être ressentie par les lecteurs un peu selon l’angle avec lequel ils l’abordent : certains y verront un titre érotique ou pornographique, d’autres seront plus sensibles au côté enquête, quand d’autres enfin pourront y trouver une chronique sociale moderne... Ou les trois à la fois !
C’est vrai que les genres cohabitent, très différents les uns des autres. Il y a ainsi alternances de séquences à la Agatha Christie, quand nos « enquêteurs » élaborent leurs plans ou échangent leurs indices. Et puis il y a aussi ces quelques scènes, assez longues et assez précises pour qu’on en parle comme de moments très importants dans l’histoire, des scènes d’amour tendant parfois à de la pornographie pour ne pas parler que d’érotisme très très poussé... (et pour cause, cette enquête tourne pas mal autour des filles et de relations amoureuses !)
Et le fait est que ça fonctionne. Il y a un bon équilibre entre des passages assez tirés par les cheveux ou limite gnan-gnan et ces scènes certes racoleuses mais dont on sent qu’elles jouent un grand rôle puisqu’on imagine bien que les « acteurs » et les relations qui se sont créées entre eux vont avoir des conséquences sur la solution à l’énigme.
Le découpage se fait au présent mais sans s’interdire des flashbacks nécessaires à la compréhension du personnage qu’a été et qu’est Florent, le nombril de l’histoire. Et avant même la dernière planche de ce tome, on comprend que cette soirée ne laissera personne indifférent. Il va y avoir des comptes à régler et... ça a même commencé ! Forcément : à jouer avec le feu en remuant le passé, surtout à propos de sujets qui peuvent fâcher... ou faire rêver, on s’expose à des surprises !
L’intrigue est bien menée, et au final, Florent reste très mystérieux pour le lecteur, donnant envie de découvrir la suite. A qui était adressée cette lettre ? On finit par se le demander aussi ! Pas que la réponse nous paraisse aussi importante qu’elle semble l’être pour les copains de Florent, non, mais parce que maintenant que « la machine » est lancée, la curiosité nous a gagnés grâce à ces premiers tableaux dont la coquinerie nous embue sûrement les yeux et nous empêche ainsi de voir les choses importantes !
Bravo donc aux auteurs pour ce premier tome intriguant, pour cette histoire qu’ils ont intelligemment installée et pour le dessin qui permet d’apprécier la lecture !
Une dernière chose, toutefois : attention, cette BD est réservée à un public averti, comme on dit. A un public adulte, donc.
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