S'il y a bien une administration qui ne chôme pas avec la joyeuse triplette, ce sont bien les forces de l'ordre. En effet, Croquignol, Filochard et Ribouldingue, qui subissent la morsure des intempéries et le bruit des chaussures à clous, n'ont rien trouvé de mieux que d'activer la circulation sanguine de leurs poursuivants patentés en réalisant de nouveaux coups fumeux et délirants. Ne pouvant malheureusement se fondre dans la masse à cause de leurs particularités physiques et de leur volonté chronique d'en découdre avec les "morlingues" bien garnis, le face-à-face avec la maison poulaga est inévitable.
Dans une déferlante d'énergie pure, le trio se démène pour glisser invariablement sur une pente fatale. On appréciera cette volonté permanente dont font preuve les Pieds Nickelés à profiter plus que de raison du moment présent, sans se préoccuper du qu'en dira-t-on et des répercussions de leurs malversations. Ces dernières dégagent un humour qui fait mouche par leur simplicité et les intentions loufoques des trois brigands. Que ce soit à bord d'un car remplis de sujets britanniques, dans le cadre d'agapes présidentielles, dans les locaux de La Poste ou sur un banc public, ces gais lurons jouissent pleinement de la vie, à leur façon certes. On rie grassement de leurs tours de force et de leur malchance chronique quant à la perte de leur magot.
Pellos anime parfaitement ses personnages grâce à son trait vif et fin. La fantaisie qui en ressort rend on ne peut plus sympathique le trio et éclipse ses actes blâmables. Bien qu'ancien, son dessin reste d'actualité et peut s'apprécier généreusement. La colorisation semble s'améliorer dans cet opus qui offre quelques vignettes bien agréables.
Ça glisse pour les pieds Nickelés qui, encore une fois, tentent de profiter des largesses et de la naïveté d'autrui. Qu'à cela ne tienne, ils ne sont pas prêts à se renflouer !
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