Après quelques tomes dont la structure était à peu de choses près la même, voici que ce sixième volume de la série
Jin se distingue des précédents. En effet, si on n’échappe pas à quelques interventions chirurgicales dans des conditions qui font l’intérêt et le succès de l’
uchronie, deux autres éléments viennent donner du relief à cette lecture.
Le premier, c’est le côté pédagogique relatif au passé du Japon. En déménageant l’action du
manga de Edo à Kyoto, l’auteur nous dispense en effet une véritable leçon d’Histoire qui nous ouvre les yeux sur des événements complètement méconnus par le commun des Européens que nous formons. On reconnaissait le sérieux de la documentation de Motoka Murakami sur la médecine, voilà que cet exposé historique confirme s’il le fallait que Jin ne veut décidément pas se cantonner au seul intérêt médical.
Enfin, le second, c’est cette résurgence de l’hypothèse de départ. Par trois fois, dans le rêve de Jin, dans les délires d’Unsen et dans la confidence de Sakuma, le voyage dans le temps est abordé. Quelque part, on se demande dans quelle mesure cela n’amorce pas l’approche de la fin de la série (bien qu’on sache qu’elle est toujours en cours après 12 tomes au Japon à la date de cet avis). Mais d’autre part, cela relance l’intrigue de belle manière, nous apprenant que Jin Minakata n’a pas été le seul à vivre ce glissement dans le temps et nous faisant nous poser de nouvelles questions sur les tous premiers chapitres de la série...
Je le redis : avec son dessin superbe et un intérêt sans cesse renouvelé,
Jin est une des meilleures séries manga du moment.