Certains tomes de la série
Zipang sont parfois plus difficiles que d’autres à comprendre dès qu’on est emmené dans les coulisses du pouvoir auprès des politiques et des instances décisionnaires. C’est bien entendu ce qui fait le sérieux de cette
uchronie, le fait de documenter précisément tout le récit. Mais c’est ce qui fait parfois peut-être un peu perdre pied.
Avec ce tome 21, au contraire, on part pour près de 200 pages d’action très claire, très facilement compréhensible. Et on profite ainsi pleinement des épisodes rassemblés, notamment ceux, jouant à fond sur le suspense de huis-clos, de la confrontation entre le patrouilleur de protection maritime et le sous-marin de Hotta dans lequel se trouve Kadomatsu. Au niveau du scénario, on remarquera d’ailleurs que ce suspense est en partie dû au fait que les deux rivaux sont aussi expérimentés l’un que l’autre : par exemple, si le commandant du sous-marin pense intelligemment à une stratégie, le commandant du navire se met dans la peau de celui d’en face et agit en conséquence, et vice versa. Un combat d’élites, quoi. Ces combats où la tension est à son comble jusqu’au bout et où on n’en a pas un qui écrase facilement l’autre... Ces combats où des personnages confirment leur statut de héros, aussi...
L’anecdote de la fausse signature de Yonai (« côté Kadomatsu ») trouve écho dans le faux ordre donné côté Kusaka et Taki (la fausse commande de repas). Ce parallèle rappelle s’il le fallait qu’aucun camp japonais (les pro- et les anti- Zipang) n’est amateur. Il appuie donc la crédibilité à ne pas ôter au camp Kusaka pour la suite, une suite qui s’annonce d’ailleurs excitante au vu de la fin de ce tome 21...
Toujours d’une qualité impressionnante, ce
manga reste parmi les must à posséder, franchement. Avis à ceux qui n’y auraient pas encore goûté...