Ces aventures ont été écrites par Louis Forton, le père naturel des gentlemen-malandrins formant la joyeuse équipe des Pieds Nickelés, au tout début du 20ème siècle, au moment où l'automobile et le cinéma en étaient à leurs balbutiements.
Nous sommes en 1965 et Jacques Veissid reprend l'ouvrage d'origine pour en remodeler les textes. Ce dernier profite de l'hyperactivité débordante des personnages de Louis Forton pour leur donner un encadrement littéraire qui devait certainement faire défaut dans l'édition première et faire une transition plus agréable entre les différentes péripéties.
Les Pieds Nickelés, au regard du précédent album, se complaisent sur le sol américain et poursuivent allègrement leurs périples contestables en se transformant sans trop forcer en artistes de cinéma. Il est sûr que jouer la comédie fait partie de leur passe-temps favori. Malgré tout, l'aventure reste superficielle par rapport au nombre de coups pendables qu'ils réalisent. Le scénario demeure léger et la transition entre les différents gags se fait par une voix off assez pesante.
L'humour qui est l'essence même de cette série, se ressent agréablement au travers des nombreuses tirades "nickeléennes" dans lesquelles les jeux de mots fusent à grands renforts.
Le style de Louis Forton est très épuré et d'une certaine manière se trouve bien loin des productions actuelles. L'imprécision de ses personnages, la simplicité des décors caractérisent un travail sympathique mais qui a pris un petit coup de vieux et qui sera plutôt réservé aux nostalgiques des premières aventures de la triplette.
Mais, maintenant silence, on tourne ! Les pieds Nickelés passent sur le grand écran pour un spectacle 100% français et ça méritait quand même un coup de projecteur !